Acrylique: apprêter une feuille de papier au gesso

Lorsqu’on s’apprête à faire une peinture d’illustration, on utilise en général le papier comme support. Un illustrateur peut faire appel à une technique de détrempe (encre, aquarelle, gouache) ou en pâte (acrylique à 80% des suffrages).

Il ne faut pas choisir n’importe quel papier pour travailler à l’acrylique. Cette peinture aime beaucoup le papier car celui-ci absorbe une partie de son liant. Cela accélère donc le séchage de l’acrylique et on peut difficilement travailler dans le frais. De fait, les aplats et les dégradés sont durs à exécuter.

Il existe quelques papiers dédiés à l’acrylique (Canson Figuera, Acrylic de Clairefontaine). Ils garantissent l’adhésion parfaite des polymères et leur surface est spécialement enduite pour travailler le plus longtemps possible dans le frais. Ce sont des papiers épais de plus de 300g/m².

Pour garantir une parfaite accroche des polymères et donner une texture à mon illustration, j’apprête ma feuille au gesso.
Il faut toutefois prendre des précautions avant d’enduire la feuille.

Ici je m’apprête à travailler sur un format raisin à l’acrylique extra-fine.

ICO-papier Papier Guardi artistico 360g/m²
 ICO-pinceaux Pinceaux Spalter n°20 Da Vinci 5073, Spalter n°30 Da Vinci Impasto
 ICO-couleurs Peintures
 ICO-accessoires Auxiliaires Gesso Lascaux
 ICO-auxiliaires Accessoires Scotch de masquage TESA 25 mm

 

Je trace une marge de 2cm sur ma feuille au crayon graphite.Je place ma feuille format raisin sur un support solide (carton, plaque en bois, etc.). Ici j’utilise un carton mousse de même taille. Je maintiens temporairement ma feuille au carton avec deux pinces.
Je colle la feuille au carton en utilisant du scotch de masquage TESA. Mon but est d’assurer le bon maintien de la feuille pendant l’apprêt.
J’applique le gesso au spalter sur toute la feuille y compris sur le scotch de masquage.
Je replace une 2e couche de scotch et cette fois, je m’arrange pour qu’il couvre complètement ma marge de 2 cm prévue au départ.
 Je pose une couche de gesso sur la nouvelle bande de scotch avec un spalter aux poils un peu plus durs.
 La feuille se met à gondoler. C’est normal car le gesso crée des tensions dans les fibres de papier. C’est pour cela qu’il est important de prendre une marge d’au moins 2 cm pour maintenir le papier en place.
 Le gesso sec, la feuille est de nouveau lisse et bien tendue. On peut commencer à travailler.

Acrylique: Peindre sur contreplaqué

Acrylique sur contreplaqué

Comme vous vous en doutez, j’adore tester et détourner le matériel de peinture et de dessin. Cette fois-ci, on m’a confié un support de jeu à peindre. Il s’agit d’un jeu du fakir en bois.

Ce jeu se présente sous la forme d’une planche de contreplaqué percée de trous et entourée de tasseaux. Dans chaque trou, on enfonce un tourillon. Lorsque la balle est lancée du haut du jeu, elle rebondira sur les tourillons jusqu’à se caler sur une couleur en bas.

1) La sous-couche

Qui dit bois, dit sous-couche pour bois. Un bon gesso fera l’affaire si je lui applique une bonne couche au départ.
J’utilise mon Gesso Lefranc & Bourgeois.

Aucun problème pour la tenue sur le contreplaqué. Le temps de séchage est identique à l’habitude de son utilisation. J’en applique au pinceau brosse (genre peinture murale) y compris sur les trous.

2) La peinture de fond

L’heure du test peinture. J’utilise la crème d’acrylique Déco de Lefranc & Bourgeois. C’est une peinture acrylique mate, indélébile, à séchage rapide : 30 mn au toucher et 12 h à cœur. Les couleurs sont miscibles entre elles et diluables à l’eau. Nettoyage du matériel à l’eau.
En effet, pour un usage couvrant sur bois, elle s’applique au pinceau au poil synthétique doux car une brosse fait des sillons à la pose. Je ne la dilue presque pas car cette acrylique est assez liquide en substance.
Le lendemain, j’applique une deuxième couche afin d’homogénéiser toute ma surface. J’étire la peinture sur sa longueur pour suivre les stries du bois.
Le résultat est propre.

3) L’illustration

Une partie plutôt décisive car le final doit être absolument sans faute.

1ère étape: Le dessin du personnage.
Afin d’éviter tout raté, j’assure mes arrières!
J’utilise Adobe Illustrator pour décalquer un personnage avec l’outil Plume.
J’obtiens le personnage au trait noir que j’imprime au format souhaité sur plusieurs feuilles A4. J’assemble ces feuilles au scotch.
Je reproduis le trait sur une grande feuille de calque et ensuite sur la planche de contreplaqué.
Le crayon gras est bien visible sur la surface et mon personnage est impeccable.

2ème étape: La colorisation en acrylique
Ah la galère! Les stries du contreplaqué sont réellement un problème pour avoir une surface bien homogène.
Ensuite, tout dépend de la couvrance de l’acrylique.
J’ai essayé la Déco Mat de Lefranc & Bourgeois, plutôt destinée aux loisirs créatifs. Elle manque totalement de pigmentation et ne se laisse pas étirer facilement. C’est très difficile d’obtenir un résultat net. Cette peinture n’est bien que pour de la sapinette lisse.
Je suis passée à La Basics de Liquitex, destinée Beaux-Arts. Grâce à son aspect crémeux et légèrement plus pigmenté, j’arrive à des aplats corrects. Elle remplit les stries et je peux même m’autoriser quelques dégradés.

A retenir sur un travail sur contreplaqué:
– Les stries du bois sont un inconvénient majeur pour peindre dans le détail, pas sur le fond.
– L’acrylique soit être couvrante et plus crémeuse que liquide pour combler les porosités du bois.

95h de travail à l’acrylique, 6 pinceaux et 1 tire-ligne!

Rendu pour Stéphane Poinsot

Promenade dans Roppongi, 50x65cm

Voici le résultat de 95h de travail sur 2 mois: Promenade dans Roppongi.
Je n’ai jamais passé autant de temps sur une peinture. Je n’en voyais pas le bout mais le résultat de la station-essence m’est satisfaisant. J’ai raté la vue de mon avenue car le bitume est trop clair. Je suis là pour apprendre après tout!

Il s’agit d’un format raisin (50x65cm) réalisée à l’acrylique extra-fine Liquitex Heavy-Body avec utilisation du tire-ligne pour réaliser les buildings.

Sacré tire-ligne!! 🙂 J’en ris maintenant mais tout au long de la peinture j’en ai quelque peu… pleuré!

Le tire-ligne est un outil de dessin utilisé pour tracer des traits de peinture réguliers, continus et d’égale épaisseur. Les deux branches métalliques effilées s’ouvrent et leur écartement peut se régler par la vis. Ainsi, on charge au pinceau le bout du tire-ligne avec de l’encre de chine ou de la peinture de consistance laiteuse (gouache ou acrylique) et on tire son trait à l’aide d’une règle ou d’une règle courbe.

Tire-ligne
Le plus difficile est de régler l’écartement des branches et d’avoir la bonne consistance de peinture.

Voici un autre exemple d’utilisation de tire-ligne absolument parfait réalisé par Julien Le Faucheur.

Acrylique Julien Le Faucheur

Triptyque 50×65 cm par Julien Le Faucheur